Pourquoi un long voyage vous valorisera lors d’un entretien professionnel ? 

Ce n’est pas un scoop, le monde du travail d’aujourd’hui et de demain sont complexes et exigeants. Notamment, l’intelligence artificielle et l’automatisation challengent les méthodes et les relations de travail. Pour ne pas louper le train vers cette 4ème révolution industrielle, les organisations, le management et les salariés devront développer des qualités et des compétences clés.

D’autre part, les nouvelles générations ré-inventent une vision du monde professionnel où l’intelligence collective et émotionnelle sont essentielles. Et j’ai la profonde conviction que le voyage nous permet de développer des aptitudes cruciales pour tirer notre épingle du jeu.

Développer notre assertivité

En voyage, on se retrouve souvent en électron libre. Loin de notre bulle familiale, amicale ou professionnelle, on apprend à penser par soi-même face à des situations nouvelles. On ne fait plus en fonction d’un cadre ou d’un code mais de ce que l’on est et de ce que l’on veut. Ainsi, on approfondi notre connaissance de soi, on prend confiance, on s’émancipe et on s’affirme. Un cercle vertueux se met alors en place : on est plus confiant, on adopte un esprit d’initiative, on développe le sens des responsabilités, on récolte des mini satisfactions personnelles qui dopent notre confiance en soi et ça recommence !

De retour dans le monde de l’entreprise, on se responsabilise et on sait dire ‘non’. Une meilleure connaissance de soi (de notre potentiel et de nos limites) nous permet de faire de notre mieux tout en restant aligné avec ce qui est important pour nous. Etre assertif, notamment en entreprise, participe donc une communication authentique entre entre collègues et à la construction de relations saines… Et il faut dire que ça manque !

Oser prendre des risques

Je l’ai souvent rappelé dans mes articles, le voyage comporte des prises de risques à tous les niveaux. Chaque seconde nous sort de notre zone de confort. On quitte les repères qui nous rassurent pour plonger dans l’inconnu. Ces sorties de notre zone de confort nous font vivre des expériences parfois difficiles mais elles nous amènent toujours à de magnifiques surprises et à de puissantes prises de conscience.

Dans le monde de l’entreprise – et d’autant plus en France – la prise de risque et l’échec se paient chers. Pourtant, c’est ce qu’un manager souhaite voir chez un candidat : une personnalité ambitieuse, qui aime le challenge et repousser ses limites. Pas évident pour un salarié d’oser oser.

Le voyage dédiabolise complètement la prise de risque. Oser n’est pas synonyme de se vautrer. En fait, on comprend que la prise de risque c’est aussi et surtout un pas en avant, une évolution, une expérience. Bref, ça n’a que du bon ! Mon message est finalement de montrer que c’est le regard que l’on porte sur une expérience vécue qui va faire d’elle un échec ou non. Et là aussi, un cercle vertueux se met en place. Premièrement, changer de regard sur l’échec nous permet de mieux accepter les coups durs, les déceptions, les galères, on se force à y trouver une leçon à retirer. Puis, dans un second temps, l’anxiété liée à la réussite et surtout à l’échec s’envole petit à petit. Cette pression se transforme même en un sentiment mêlé d’excitation positive et d’espoir. Jusqu’au jour où… Le mot échec ne fait plus partie de notre vocabulaire.

Découvrir son authenticité

En voyage, on découvre le meilleur de nous-même. Loin de la pression de la société, on devient authentique. Nos rencontres de fortune se désintéressent complètement de notre statut, notre métier, notre étiquette mais s’efforcent plutôt de connaitre ce qu’on a dans les tripes, pourquoi on vit. Et ça, ça fait un bien libérateur !

Parler de nous différemment provoque des prises de conscience intéressantes. C’est vrai qu’avant mon premier maxi voyage en Australie, on ne m’avait jamais demandé ce qui me faisait vibrer, quel était mon rêve le plus fou, qu’est-ce que je ferai avec une baguette magique, quel impact je voulais avoir sur la planète, sur l’humanité… Et tant d’autres réflexions autour d’un feu de camps qui ont nourri mes premières importantes introspections. Une meilleure connaissance et conscience de soi nous permet ainsi d’acquérir une présence naturelle, authentique.

J’ai pu remarqué dans le monde de l’entreprise certaines « schizophrénies », comme si les individus portaient un masque « salarié », « patron », « chef » en plus des usuels « maman », « papa », « femme », « fils » etc… En nous éloignant de ce que nous sommes véritablement, ces masques nous empêchent de créer des relations de qualité durable. L’authenticité se révèle alors comme une puissante arme relationnelle. Plus on exprime notre « vrai » nous, plus nos relations sont authentiques, vraies et durables.

Muscler son cerveau droit

Je me suis pas mal intéressée aux études menées sur le cerveau et notamment celles qui tentent d’expliquer les différentes fonctions de notre cerveau gauche (logique, rationnel, explicatif, analytique) et de notre cerveau droit (créativité, intuition, émotionnel). J’en comprends qu’on a plutôt tendance, dans nos vies à mille à l’heure métro-boulot-dodo, à utiliser de façon déséquilibrée notre cerveau. Préférant garder les évènements de la journée sous contrôle, on oublie trop souvent de faire appel à notre cerveau droit. Pourtant, c’est avec celui-ci que l’on révèlerait et exprimerait tout notre potentiel.

On parle déjà dans les entreprises de l’importance du cerveau droit pour pouvoir innover, créer, prendre une décision difficile, se projeter, donner une réponse originale à une problématique. Il y a même des formations dispensées pour stimuler le cerveau droit. Mon remède est tout simple : voyager.

Parce que lorsqu’on voyage, selon moi, nous stimulons à 80% le cerveau droit : on contemple, on prend le temps, on s’émerveille, on ressent, on découvre. C’est le meilleur terrain de jeu pour suivre nos intuitions, assouvir nos curiosités et laisser libre court à notre imagination et créativité. On change complètement notre façon de « dealer » avec les évènements de la journée. Bien sur, on continue d’analyser et d’essayer de contrôler (il le faut parfois) mais on se rend vite compte que ça n’a pas grand intérêt de vouloir tout expliquer surtout au milieu d’une intense rue de Delhi, au sommet d’un col, devant un coucher de soleil à Byron Bay, face à un vieillard Laotien qui nous raconte sa vie. De retour de voyage, il est possible de continuer d’entrainer son cerveau droit en lui offrant des moments artistiques, de contemplation et de créativité. Les effets sont spectaculaires, essayez !

Incarner l’agilité

C’est indéniable, le voyage est l’application même de l’adaptabilité sociale et relationnelle. On change constamment de milieux, d’environnements, d’interlocuteurs – d’à peu près tout en fait – et on est obligé de s’adapter. Essayez d’expliquer à un Vietnamien de faire la queue pour monter dans le bus, de faire la bise à Laotien, demander du papier toilette en Inde, manger du camembert au Cambodge, conduire à droite en Australie, c’est tout simplement pas possible ! Alors, on observe, on comprend et on évolue ! C’est l’incroyable cercle vertueux de l’immersion en voyage.

C’est un cheminement qui force à la tolérance et à l’ouverture dans un premier temps puis qui conduit au changement. Je ne trouvais pas toujours évident d’accepter que les autres fonctionnent différemment et de faire l’effort de m’adapter. Pourtant, j’ai vite compris que c’était les règles du jeu dans lequel je m’étais lancée. Alors, intuitivement, je me suis fondue dans les masses. Je me suis forcée à me mettre à la place de l’autre, faire comme-ci j’étais l’autre, j’ai tenté de comprendre comment il fonctionnait. Lors de la célébration du Têt dans une ethnie vietnamienne à 25 km de la Chine, je me suis retrouvée à manger de la viande assise avec les femmes séparées des hommes. Pour une féministe végétarienne, c’était pas le top ! Je ne me suis pas sentie coupable ou je n’ai rien changé à mes convictions, j’ai juste voulu m’adapter au mieux et créer du lien avec tous les gens qui étaient là.

De retour en France, tout parait si simple et évident ! Mais très vite des challenges apparaissent : on recherche un travail, on lance une activité, on se forme, on change de ville … La vie quoi ! Mais grâce à toutes ses situations improbables rencontrées, on est capable de rebondir agilement et sereinement face aux aventures du retour.

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