Australie. Le voyage des premières fois.

Une fois diplômée de mon école de commerce en 2013, j’ai eu cette profonde envie de partir. Partir loin et longtemps.

L’Australie avait déjà le vent en poupe et me faisait rêver. Avec mon meilleur ami (aussi motivé que moi à trouver un travail en France), on décide alors de tout plaquer pour le pays des kangourous. Un visa vacances/travail en poche, quelques économies faites en bossant dans la restauration et c’est parti ! Ciao les copains, la famille, l’appart’ et à dans un an !

On savait que ça allait être une sacrée aventure… Mais je n’aurai jamais pu imaginer tout ce qu’elle allait m’apporter. Retour sur le voyage qui a changé ma vie.

Faire tomber la barrière de l’anglais

L’objectif principal de mon voyage était simple : apprendre l’anglais. Je fais partie des élèves qui ont la boule au ventre avant chaque cours. Toujours assise au fond de la classe, cachée derrière mon col de tiré jusque sous mes yeux, j’essayais de me faire plus petite qu’une souris pour éviter d’être interrogée. Premièrement, je ne comprenais pas la question de la prof’ et secundo j’étais bien incapable d’aligner deux mots, stressée de me tromper ou qu’on se moque de mon accent.

J’atterris donc à Brisbane un peu anxieuse à ce sujet. Une fois installée dans notre backpack (jargon pour auberge de jeunesse en Australie) en centre ville, je descends fumer une cigarette. Jouant parfaitement son rôle d’objet social, je dois communiquer avec les autres voyageurs pour l’allumer …

– Hello ! Do you have a fire please?

– Hey hun, sure take my lighter!

Et une discussion s’engage autour de mon arrivée toute fraîche en Australie…

De retour dans ma chambre, je réalise mon exploit : j’avais eu une discussion en anglais sans boule au ventre et on m’avait compris malgré mes p’tites fautes ! Soulagée de cette expérience, je changea rapidement ma vision de l’anglais et je compris très vite qu’on se débrouille toujours. Les premiers mois, j’ai baragouiné, répété 100 fois les mêmes fautes, buté toujours sur les mêmes mots ou expressions. Puis, petit à petit, en écoutant, j’ai compris des règles de grammaire, enrichi mon vocabulaire et adapté ma façon de m’exprimer. Je me suis rendu compte que lorsqu’on communique en voyage, les fautes n’ont aucune importance, le tout est d’essayer.

Finalement, dans mon apprentissage de l’anglais, mes premiers pas n’ont pas été l’étape la plus critique pour moi. C’est lorsque j’ai eu l’ambition de transmettre ma personnalité, mon humour, mes subtilités, ma spontanéité que j’ai vécu beaucoup de frustrations. Je ne voulais plus seulement passer un message ou comprendre, je voulais créer des relations profondes avec des étrangers. C’est seulement au bout de 18 mois d’immersion totale que j’ai pu touché du doigt cet objectif.

Mon message ici est de transmettre le chamboulement positif qui s’est produit en moi dés lors que j’ai été confronté à la barrière de la langue. J’ai compris que mon niveau n’importait personne d’autre que moi. Les Australiens sont toujours ultra reconnaissants que des étrangers apprennent leur langue. En plus, je n’imaginais pas l’effet complètement fou que pouvait avoir l’accent français. Mes petites fautes et mon accent à couper au couteau sont devenus ma force. Qui l’eu cru ?!

Voyager en groupe

Très vite, on s’est lié d’amitié avec cinq autres voyageurs avec qui on a fait un bon bout de chemin. Pendant près de quatre mois, notre convoi de deux vans et une voiture à sillonné la côté Est de l’Australie. Je me suis vite rendu compte que voyager en groupe n’est pas si facile. On a tous des attentes, des envies et des personnalités différentes. Pourtant, n’étant soumise à aucune contrainte ou engagement, je n’ai pas réagi comme je l’aurai fait en France. Je voyais ma relation au groupe tout à fait différemment. J’arrivais à la fois à prendre du recul et être tolérante tout en faisant preuve d’assertivité.

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Notre gang de voyageurs !

Après avoir vadrouillé le long de la côte, il a fallu remonter à la recherche d’un p’tit boulot… J’ai été frappé par notre besoin instinctif de nous rassembler. Pourtant hors de tout cadre et de tout système, nous avions naturellement créé une meute de voyageurs pour atteindre un objectif commun (qui devenait urgent pour la plupart) : gagner de l’argent. Les temps devenaient durs après l’achat du van et un mois de farniente, mais la générosité dans notre groupe m’a étonnement réchauffé le coeur.

En Australie, le travail dans les champs est rude mais rémunérateur. Sans mes compagnons de route, je n’aurai pas pu tenir deux jours… J’ai finalement passé deux mois incroyables et empoché 7000$. Chaque seconde me sortait de ma zone de confort.  Je comprenais 10% de ce que me racontait ma patronne et je découvrais un métier. Heureusement, mes collègues Song et Joe (deux Sud-Coréens) étaient là pour me traduir l’essentiel.

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Malgré les horaires qui piquent et des problèmes au dos et aux genoux, le fruit picking reste une expérience de vie marquante.

Le travail à la chaîne et répétitif comme le picking (la récolte) et le packing (le conditionnement)  m’a permis de rentrer dans une transe insoupçonnée. Intérieurement, pendant mes 10 heures de boulot, je bouillonnais de réflexions. Je refaisais mes histoires amoureuses, mon parcours scolaire, mes relations familiales. A 20 000 kilomètres de chez moi à trier des piments rouges et verts, prendre de la hauteur sur les évènements même les plus douloureux devenaient faciles.

Ma traversée du désert

Pendant un an, nous avions roulé près de 30 000 kilomètres avec notre van, il nous a amené à tous les recoins du pays. De la barrière de corail, aux forêts tropicales en passant par des déserts rocailleux aux couleurs ocres. Pour rejoindre le coeur brûlant du pays, Uluru, nous avons avalé des kilomètres de lignes droites au milieu de rien. Une fois de plus, j’occupais mes journées à me perdre dans mes pensées…

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Sur la route du parc national Kakadu au coeur de la région du Nord de l’Australie.

Pour la première fois de ma vie, je plongeais à l’intérieur de moi. Je découvrais qui j’étais en me posant toutes sortes de questions inédites. Je déchiffrais le monde que je m’étais créé et allais à la rencontre de celui des autres, notamment grâce à des moment passés avec des personnes de tous les horizons. Je confrontais pour la première fois ma vision du monde avec celle d’un américain de 72 ans voyageant seul depuis 30 ans, d’un italien de 19 ans qui vient de passer son bac ou bien d’un fermier Australien de 42 ans. A chaque instant, je vivais l’incroyable diversité l’humanité et j’en mesurais la complexité. Ma réalité se démultiplia et s’ouvrit à moi un nouveau monde aux possibilités infinies.

Vivre en conscience avec la nature

Pourtant née au pied des montagnes Pyrénéennes, je n’étais pas une fondue de nature. Depuis mes études, j’étais même devenue une vraie urbaine toujours à la recherche d’animations et de stimulations sociales. Avouons-le, j’avais même un penchant pour les fringues, la mode et le superflu. Sauf que tout ça en Australie ce n’est pas possible ! Pour voyager un an dans ce pays, il faut apprendre à vivre simplement. Et c’est ce que j’ai adoré faire. Je suis passée du tout au tout.

Voyager en van chamboule notre routine. On a pas l’électricité, on ne peut pas faire de grasse mat’ à cause de la chaleur et il n’est pas prudent de rouler de nuit. On se lève et se couche donc comme les poules ! En vivant au rythme de la nature, je ressentais un bien être physique et mental complètement fou.

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Sur la côte Ouest, on ne se refuse rien même en road trip. Ce matin, c’est pancakes !

Pendant ces quelques mois de pur road trip à sillonner l’outback australien, j’incarnais la liberté (du moins ce qu’elle représente pour moi). On vit dehors au milieu de la nature, pieds nus et surtout on prend le temps d’apprécier la beauté de ce qui nous entoure. Chaque jour, on découvrait une plage, un désert, une forêt, un lac, un petit bout de nature qui ne me laissait jamais indifférente.

C’est la première fois que je prenais vraiment le temps de contempler un paysage, de m’imprégner de chaque détail, d’être attentive à chaque petit son, de ressentir les frissons dans mon corps, de me laisser submerger par la beauté et la perfection de ce qui est là.

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Au coucher de soleil sur une plage isolée de Byron Bay.

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