La sobriété heureuse

J’emprunte cette puissante formulation de la sobriété heureuse à Pierre Rabhi qui pointe du doigt un paradoxe moderne. Le « toujours plus » est devenu la norme. « Travailler plus pour gagner plus » crient les slogans politiques. A quoi bon ? Si on y regarde de plus près, on se rend compte qu’on creuse un puit sans fond. Toujours dans cette idée d’accumuler des richesses en prévision d’éventuels manques, nous sommes des éternels insatisfaits. Il nous faut toujours plus d’argent, plus de responsabilités, plus d’amis, plus de biens matériels, plus de drame, plus d’amour, plus de tout. On est attiré par l’abondance car on y voit notre salut. Alors que notre bonheur et notre paix intérieure se trouve tout près et immédiatement : à l’intérieur de nous.

Tous les composants de la société nous poussent au « toujours plus ». La publicité, le marketing nous assomment de messages extrêmes. Pour exister parmi la masse, il faut être, faire et avoir « plus ». Plus que la moyenne, plus que les autres. Que ce soit dans l’entreprise, à l’école, dans les magasines de mode : on nous classe, on nous compare, on nous challenge.

Et si on revenait à une modération, un équilibre. Si on s’arrêtait deux secondes sur cette folie du toujours plus, cela nous paraitrait illogique – encore faut il les prendre ces deux secondes… Là où ça se complique, c’est que tout notre environnement et la société autour de nous foncent dans cette direction tête baissée. Ne voulant surtout pas être le mouton noir, on préfère faire l’autruche… Le système du « toujours plus » s’alimente donc tout seul.

A l’échelle de l’individu, la première étape serait de comprendre l’illusion que représente ce système et de s’ouvrir à d’autres manières de vivre et de fonctionner. Une manière de vivre plus juste et plus proche de nos véritables besoins, dénuée d’attentes ou désirs inatteignables. En revenant à l’essentiel, on se rapproche de notre bonheur intérieur de façon durable et on se détache de toute cette multitude de promesses extérieures.

Evitons le bla bla et expérimentons. Prenons – vraiment – le temps de se poser quelques questions et de méditer sur la sobriété heureuse. Je vous sème quelques graines pour vous mettre sur la piste.

La grande interrogation pour moi étant la suivante : ma vie est-elle une succession de plaisirs fugaces ou bien un état de bien-être continu ? Pour y répondre, on peut alimenter cette réflexion peut évidente avec d’autres questions plus concrètes …

Est-ce que je ressens le besoin de ré-alimenter sans cesse mon quotas de désirs (shopping, relations sociales, compte en banque) ? Mon bonheur est-il réel ou non ? Dépend-il d’autre chose que de moi-même ? Lorsque je m’estime heureux, cela se manifeste t-il de façon irrégulière (après un achat compulsif par exemple) ou bien est-ce un état continu ?

Le simple fait de se poser des questions nous apporte une lucidité précieuse sur nos vies. C’est gratuit, illimité et disponible à tout moment, alors questionnons-nous !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s